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France:

Profiter de la Retraite pour Changer de Toit

Le Monde, by Olivier Razemon

March 13, 2004  

 

C'est parfois à l'heure où sonne la retraite que germent, à nouveau, les projets de déménagement. Certains quittent la maison où leurs enfants ont grandi pour un appartement plus confortable, d'autres se lancent dans des projets de construction ou se contentent de redistribuer l'espace devenu soudain superflu.  Certains, même, quittent la ville pour une campagne plus ou moins proche.  

A cette période de la vie, les raisons ne manquent pas de s'interroger sur son logement. Les enfants ont quitté le foyer familial et le financement de leurs études est terminé. On se retrouve à la fois avec plus de temps, plus d'espace et plus d'argent. On examine le sort de la chambre du petit dernier, qui n'accepte pas facilement, lorsqu'il vient passer un week-end à la maison, de voir son espace transformé en bureau ou en débarras.  

L'appel des voyages ou de la résidence secondaire se fait plus pressant. Les étages ne pèsent pas encore, mais on y songe. "Nous habitons un atelier d'artiste en plein Paris, tout en hauteur, tarabiscoté, témoigne Pierre, directeur commercial, à la retraite depuis deux ans. Il y a beaucoup de marches et, quand on sera vieux, dans x années, ça risque d'être plus difficile."  

Parfois, c'est un événement extérieur qui précipite le déménagement : un changement de région, la dernière mutation dans les années qui précèdent la retraite, voire un décès brutal.  

Pierre a décidé de "tout changer".Il revend son logement parisien et une maison acquise autrefois en Bourgogne pour acheter avec sa femme une demeure au Croisic, au bord de la mer, ainsi qu'un trois-pièces à Paris. "Nous faisons un choix ciblé : une ville accessible par TGV, une maison dotée d'un seul étage à quelques minutes à pied de la gare et un appartement parisien proche d'une ligne de métro menant à la gare Montparnasse."  

Michel, également directeur commercial à la retraite, et sa femme ont revendu la maison qu'ils possédaient à proximité de Lille, pour un appartement agrémenté d'une grande terrasse "qui donne l'illusion du jardin". Mais ils s'adonnent désormais au jardinage lorsqu'ils sont en Ardèche, dans leur résidence secondaire.  

UNE NOUVELLE AVENTURE  

Monique, orthophoniste à la retraite, et Francis, géomètre-expert, ont troqué la demeure où ils ont vécu vingt-cinq ans pour une autre maison, tout aussi grande. Il faut pouvoir loger les enfants et leur famille lorsqu'ils reviennent. "Au début, nous avions quatre bambins. Puis ils se sont mis en couple et nous avons été huit. Maintenant, lorsque tout le monde est là, nous sommes quatorze", explique Monique.  

Quelles qu'en soient les circonstances, un déménagement est une nouvelle aventure. Les jeunes retraités n'hésitent pas à réaménager l'espace à leur guise. Selon une étude publiée par le site Seniorscopie, "les seniors investissent plus de temps et d'argent dans l'aménagement de leur domicile ; ils sont les plus grands lecteurs de la presse de décoration, et le gros bricolage ne leur fait pas peur".  

Monique confirme avec enthousiasme : "On a supprimé des murs et agrandi des fenêtres. En fait, nous sommes un peu comme des jeunes qui commencent, mais avec plein de sous ; cela nous permet aussi de montrer à nos enfants que nous sommes assez dynamiques pour aménager une maison."  

Nicole, qui exerce une année encore comme proviseure à Marseille, a fait construire une maison à La Ciotat avec son mari il y a trois ans. "Nous avons aménagé à notre goût, en nous débarrassant des conventions. Ainsi, nous n'avons qu'une pièce au rez-de-chaussée, sans cloisons. Et, alors que les jeunes sont grisés par des matériaux clinquants, nous préférons les choses simples." Une renaissance ? Presque. "C'est un projet extraordinaire qui nourrit le couple", affirme Nicole.  

"BARRIERS FREE"  

L'aventure n'est pourtant pas toujours facile. Michel se réjouit de ne pas avoir attendu quelques années de plus : "Avec l'âge, on se fait un monde des petites choses. Si nous n'avions pas déménagé, nous aurions peut-être vieilli avec notre papier peint." A l'aménagement proprement dit s'ajoute la découverte d'un nouveau quartier, parfois d'une nouvelle ville. On doit changer de commerçants et les voisins sont soudain des inconnus. Il arrive que de petits désagréments imprévus, comme les réunions de copropriétaires, soient au rendez-vous. "Nous nous apercevons qu'il faut partager avec des gens qui tournent tellement en rond qu'ils s'occupent avec pas grand-chose et lorgnent ce que nous faisons, déplore Michel. En fait, dans notre résidence, il manque des familles avec des gamins !"  

Le déménagement de la soixantaine n'est peut-être pas le dernier. Beaucoup de seniors sont conscients que l'âge finira par les rattraper. "Nous nous donnons quinze ans dans notre nouvelle maison. On ne s'imagine pas avec 800 m- de jardin quand on aura 75 ans", tranche Monique. L'idée qu'il s'agit de sa demeure définitive lui est un peu désagréable.  

Un point de vue partagé par Janine, professeure de lettres à la retraite, qui a acheté une maison avec son mari en Provence il y a quatre ans. Il sera toujours temps, plus tard, de s'équiper selon le concept, américain, de "barriers free" : pas d'obstacles ni de marches, des halls larges, des caméras partout et un système électronique capable de traduire les gestes de tous les jours en ordres pour appareils ménagers.

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