Home |  Elder Rights |  Health |  Pension Watch |  Rural Aging |  Armed Conflict |  Aging Watch at the UN  

  SEARCH SUBSCRIBE  
 

Mission  |  Contact Us  |  Internships  |    

        

 

 

 

 

 

 

 

 



Un léger mieux pour les petites retraites agricoles

Par Laetitia Clavreul, Le Monde

France

31 décembre 2006

Comme Jacques Chirac l'avait annoncé au sommet de l'élevage, en octobre, les retraites des "laissés-pour-compte" de l'agriculture seront revalorisées au 1er janvier. Des femmes surtout, qui ont travaillé sans statut, mais aussi des chefs d'exploitation qui ont longtemps oeuvré comme aides familiaux. Des gens qui n'avaient pu bénéficier, pour des raisons de carrières incomplètes, des revalorisations du plan 1998-2002 et de 2006, et de la retraite complémentaire obligatoire instaurée en 2003 - 60 % des retraités agricoles, selon la MSA .

C'est le cas de Marie-Yvette Dauriac, 70 ans, retraitée dans la Dordogne, et de son mari : "Je me dirai réjouie quand j'aurai touché quelque chose. Je ne sais absolument pas si cette fois je suis concernée." Elle, qui a travaillé toute sa vie mais n'a été chef d'exploitation que pendant cinq ans, reçoit 310 euros par mois. "A nous deux, ça fait 800, dit-elle. On bricole avec trois poules, quatre lapins et la maison comme les terres sont en usufruit." Elle devra attendre le 8 février pour savoir si sa retraite de janvier est revalorisée.

Sur 2 millions de retraités agricoles, 300 000 seront concernés sur 2007 et 2008, pour un coût de 162 millions d'euros dès 2007, et 205 au total. Le principe est double : abaisser de 32,5 à 22,5 années la durée de carrière prise en compte, et modifier le système de décote par année manquante.

SOUVENT MOINS QUE LE RMI

Ainsi, selon les calculs du ministère de l'agriculture, la retraite annuelle d'une conjointe comptant 22,5 ans de carrière passera de 1 806 à 2 479 euros en deux ans, soit un gain de 56 euros par mois. Une somme importante en comparaison des faibles retraites. "Ces mesures représenteront pour certains une augmentation de 30 % à 40 % des ressources", reconnaît Yves Censi, député UMP de l'Aveyron, qui préside le comité de surveillance du régime des exploitants agricoles. "Beaucoup ont travaillé sans jamais cotiser, explique le ministère. Cela a créé des situations de très faibles ressources qui n'existent pas ailleurs."

Les retraités pensent qu'il reste beaucoup à faire. Ce qui préoccupe Henri Dandel, 80 ans, ancien viticulteur dans le Beaujolais, "c'est la réversion de la retraite complémentaire obligatoire aux femmes, parce qu'elle ne concerne que les chefs d'exploitation".

Selon le président de l'Association nationale des retraités agricoles de France, "c'est 1 million de retraités qu'il aurait fallu revaloriser". "On parle du RMI , mais beaucoup de retraités agricoles ont bien moins que cela, relève Claude Berger, du Syndicat national des anciens exploitants. Pour eux, il s'agit d'une question de justice et de dignité." Selon lui, plus de 300 000 retraités touchent moins que le minimum vieillesse. "L'objectif est d'arriver à des minima sociaux proches des autres professions, mais on est encore très loin", confirme M. Censi.

Copyright © Global Action on Aging
Terms of Use  |  Privacy Policy  |  Contact Us