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Les Pays-Bas légalisent l'euthanasie

Par: AFP
Le Monde, 10 avril 2001. 

Les sénateurs néerlandais ont approuvé, mardi 10 avril, une loi légalisant l'euthanasie. Les Pays-Bas sont ainsi devenus le premier pays au monde à légaliser définitivement cette pratique médicale controversée. 

Les sénateurs néerlandais ont approuvé, mardi 10 avril au soir, une loi légalisant l'euthanasie. Ils ont voté à une majorité de 46 voix contre 28 pour la légalisation. Les Pays-Bas sont ainsi devenus le premier Etat du monde à donner un cadre légal à cette pratique médicale controversée. 

Alors que les partisans de la loi se déclaraient confiants quant au résultat du vote des sénateurs, quelque 8 000 opposants au projet ont manifesté silencieusement, mardi après-midi, à La Haye, à l'appel d'une trentaine d'organisations religieuses.

Adoptée en novembre par les membres de la chambre basse par 104 voix - celles des sociaux-démocrates, des libéraux, du centre-gauche et des écologistes - contre 40, la loi n'a rencontré aucun obstacle majeur au Sénat bien que les sociaux-chrétiens, les petits partis chrétiens et le Parti socialiste soient resté opposés au projet.

Le Sénat a été submergé de courrier, tant des opposants que des partisans de la loi. Deux pétitions réunissant 60 000 signatures d'opposants à l'euthanasie ont été transmises aux responsables politiques. Des veillées de prières ont été organisées. Résumant la philosophie des opposants, un parlementaire néerlandais M. 

Van der Flies a souligné que "le droit des mourants n'est pas une mort douce, mais un adoucissement de la dernière phase de la vie".

L'EUTHANASIE SOUS CONDITIONS

Une enquête récente démontre cependant qu'une large majorité de Néerlandais (85 %) sont favorables à une légalisation permettant l'euthanasie en cas de souffrance physique intolérable où le patient n'a pas d'espoir de survie. Ils sont également 57 % à estimer que des patients victimes de longues souffrances psychologiques doivent pouvoir décider de mettre un terme à leur vie.

Avant même l'approbation définitive de cette loi, la ministre de la santé, Els Borst, avait souhaité qu'"un réel débat de société" s'ouvre sur l'application de l'euthanasie aux personnes en profonde dépression qui souhaitent mourir.
C'est surtout de l'étranger que fusent les critiques les plus véhémentes dans le sillage du Vatican qui a condamné cette "triste primeur" des Pays-Bas. Donnant pour la première fois un cadre légal à une politique de tolérance en place depuis plusieurs années, la loi néerlandaise ne donne aucune précision quant à la voie à suivre dans certains cas de maladie mentale. Elle n'apaise pas les craintes, exprimées notamment en Allemagne, de voir un "tourisme de l'euthanasie" se développer vers les Pays-Bas.

Le premier ministre Wim Kok a tenté de couper court à ces critiques, soulignant "le travail consciencieux" effectué pour parvenir à l'élaboration de cette loi. "Nous n'avons pas à en avoir honte", a dit M. Kok.
La légalisation de l'euthanasie est assortie de plusieurs conditions. Les médecins devront s'assurer que le malade est affligé de "souffrances insupportables", qu'il n'a aucun espoir de survie et qu'il veut effectivement mettre fin à sa vie. Ils devront ensuite se soumettre au contrôle de commissions régionales chargées de veiller au respect de ces conditions.

Les mineurs entre 12 et 16 ans auront également la possibilité de recourir à l'euthanasie, s'ils bénéficient de l'accord de leurs parents. Pour les jeunes âgés de plus de 16 ans, ce consentement parental ne sera plus nécessaire.

En Australie, le parlement de la province des Territoires du Nord avait adopté en juillet 1996 une loi légalisant, pour la première fois au monde, l'euthanasie. Ce texte avait été abrogé au niveau fédéral quelques mois plus tard.