Les patentés pourraient bientôt
avoir leur retraite
Par A-C.P, La Dépêche de Tahiti
19 juillet 2011
Polynésie
Française

Tevaite
est chef comptable et directrice administrative de Turu Ora. Les locaux
qui abritent la mutuelle pourraient devenir le centre d’accueil du RSI
si ce système s’installait sur le Pays. (Photo ACP)
15 000
non salariés concernés par ce projet
Une retraite pour
les indépendants, patentés, agriculteurs, pêcheurs,
commerçants, artisans… C’est ce que souhaite créer, en
Polynésie, le président de la mutuelle Turu Ora,
Stéphane Chin Loy. Une volonté qui émane d’un
constat, si les non salariés paient des cotisations à la
CPS, ils ne disposent pas d’une caisse de retraite spécifique
comme en métropole.
L’idée a fait son
chemin, et après avoir reçu l’aval du ministre de la
Solidarité en charge de la Protection sociale
généralisée (PSG), Charles Tetaria,
Stéphane Chin Loy, également vice-président de la
Chambre de commerce, s’est rendu une semaine en mission, à
Paris, afin de rencontrer le président du RSI, le Régime
social des indépendants, Gérard Quevillon. Objectif :
mettre en place le RSI en Polynésie, car le Pays est “le dernier
de la République où le RSI n’est pas présent”,
précise Kolka Muller, le directeur général de Turu
Ora. Ce système fonctionne dans les Départements
d’outre-mer, à Saint-Pierre-et-Miquelon, et bientôt en
Nouvelle-Calédonie. Il concernerait les 15 000 personnes
actuellement affiliées au RNS (dont 9 000 cotisants), le
régime des non salariés. Pour Stéphane Chin Loy,
une retraite pour les patentés doit exister sur le fenua : “Les
salariés ont leur régime de retraite et ceux de la
solidarité ont le minimum vieillesse. Les employeurs payent des
impôts, des cotisations et, en fin de compte, ce sont les moins
bien lotis. Ce système n’est pas incitatif. Il y a de
l’injustice pour ceux qui n’ont pas arrêté de travailler
”. Un régime qui se justifierait aussi, estime le
président de Turu Ora, au vu de la situation de la PSG, qui
rencontre d’importantes difficultés, car le RSI est un
système qui marche bien : “Le RSI c’est une solution nationale,
fiable, car soutenu par l’État. On est donc sûr que le
paiement des retraites serait assuré pendant des dizaines
d’années”.
Le RSI concerne, en métropole, près de 6 millions de
ressortissants, et il est garanti par l’État. C’est une retraite
obligatoire pour les indépendants. “Mais pour que le RSI puisse
se mettre en place en Polynésie, il faut le soutien du
gouvernement”, explique Stéphane Chin Loy, qui doit
bientôt rencontrer Charles Tetaria pour faire le point sur
l’avancée du projet.
Une fois que le gouvernement aura donné son accord, une
convention pourra être signée avec le président du
RSI, d’après Kolka Muller, et les études
préalables à l’instauration du RSI sur le fenua pourront
commencer. Selon le directeur de Turu Ora, le RSI est prêt
à envoyer une mission d’experts afin de créer le RSI en
Polynésie, qui pourrait être accueilli dans les locaux de
la mutuelle Turu Ora, située à Fariipiti à
Papeete. “Une retraite intéressante”, plaide Stéphane
Chin Loy, car le RSI prévoit un abattement de 50 % pour
l’outre-mer. Le taux est aujourd’hui de 16,65 % de cotisation : “C’est
un système déclaratif, donc...ça dépend de
ce que vous déclarez. Sur un montant de 100 000 Fcfp mensuel,
ça vous fait 16 000 Fcfp. Avec l’abattement prévu pour
l’outre-mer, qui est de 50 %, je ne vais plus cotiser que 8 000, mais
pour toucher comme si je cotisais 16 000. Ce sont les dispositions de
l’État pour accompagner l’outre-mer. Ils ont voulu faciliter
l’accès à la retraite”.
Reste aujourd’hui au gouvernement Temaru à se positionner sur ce
projet. Car, indique Kolka Muller, “ce dispositif ne pourra être
mis en place en Polynésie qu’avec l’accord et l’implication
totale du gouvernement puisqu’il s’agit d’un choix politique pour
l’avenir de la population”.
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