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L'Insee prédit un "vieillissement inéluctable" de la population dans les prochaines décennies

Par: Elisabeth Bursaux et Pascale Krémer
Le Monde, 27 mars 2001

À QUOI RESSEMBLERA la population française au milieu du XXIe siècle? "Un vieillissement inéluctable", résume l'Insee, qui présentait, mardi 27 mars, ses projections démographiques pour le demi-siècle à venir, s'appuyant sur les résultats du recensement de 1999. Sans trop prendre de risque, l'Institut national de la statistique et des études économiques prédit que ces projections permettront "d'alimenter les débats socio-économiques".

En 2050, la France métropolitaine comptera 64 millions d'habitants, soit 5 millions de plus qu'en 2000. Mais cette population aura pris des rides. Dans un demi-siècle, 35 % de la population totale sera âgée de plus de soixante ans, contre 20 % aujourd'hui. Ce sont 22,4 millions de Français qui auront dépassé la soixantaine, soit 85 % de plus qu'en 2000. Les moins de vingt ans, dans le même temps, passeront de 15 millions en 2000 à 12,8 millions en 2050. Eux qui représentent aujourd'hui un quart de la population ne compteront plus que pour 20 %. "La croissance des effectifs sera très importante pour les groupes les plus âgés, souligne Chantal Brutel, l'auteur de l'étude. D'ici 2050, la France métropolitaine comptera trois fois plus de personnes âgées de plus de 75 ans et quatre fois plus de personnes de plus de 85 ans."

Dès 2011, en fait, les moins de 20 ans seront dépassés en nombre par les plus de 60 ans. Ces derniers, dès 2035, représenteront un tiers de la population. Ce n'est qu'avec l'arrivée à des âges élevés de générations moins nombreuses, et l'accroissement des décès des premières générations du baby-boom, que s'atténuera ce vieillissement. Entre 2025 et 2040, les décès croîtront de manière importante (passant de 600 000 à 700 000 par an), sous l'effet de l'arrivée dans les troisième et quatrième âges des générations nombreuses du baby-boom nées entre 1945 et 1975.

LE POIDS DES BABY-BOOMERS

A partir de 2036, si la fécondité se maintient aux environs de 1,8enfant par femme – niveau moyen observé depuis un quart de siècle –, le nombre annuel des naissances deviendra inférieur au nombre annuel des décès. A partir de 2040, après avoir atteint un maximum de 64,5 millions d'habitants, la population de France métropolitaine diminuera, le solde migratoire (50 000 personnes par an) ne suffisant plus à compenser l'excédent des décès sur les naissances. Quant au nombre de personnes en âge de travailler, il baissera dès 2007 si l'on prend en compte les 20 à 59 ans, et cinq ans plus tard, en 2012, si l'on retient les 20à 64 ans. Même dans le cas de figure d'une retraite à 65 ans, le rapport "personnes âgées/population en âge de travailler" doublera en cinquante ans, passant de 274 pour 1000 à 575 pour 1000.

"Paramètre le plus difficile à cerner", le solde migratoire a été arbitrairement fixé pour le demi-siècle prochain à 50 000 personnes par an, soit son niveau actuel. Les chercheurs de l'Insee ont néanmoins pris soin d'envisager une autre hypothèse, celle du doublement de ce solde, avec 100 000 personnes par an dès 2005. Ce qui ne changerait quasiment rien: les plus de 60ans ne compteraient plus pour 35,1 % mais pour 34,9 % de la population… "La masse des baby-boomers est telle qu'un doublement des arrivées ne jouerait que marginalement", explique Chantal Brutel. En 1995, un rapport de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique) avait il est vrai souligné que pour modifier substantiellement son processus de vieillissement, la France aurait à accueillir 11 millions d'immigrants supplémentaires entre 2010 et 2020.

Ces projections de l'Insee se fondent sur une poursuite linéaire des gains d'espérance de vie. Selon l'Institut, en 2035, l'espérance de vie à la naissance s'élèvera à 82 ans pour les hommes, et à 89 ans pour les femmes (contre respectivement 75 ans et 83 ans aujourd'hui). Mais les résultats du passé ne peuvent permettre de prédire avec précision la longévité dans les années à venir (Le Monde du 21 février). D'après les travaux d'Aline Désesquelles, de l'Institut national d'études démographiques (INED), la hausse de l'espérance de vie des femmes se ralentit, n'augmentant plus actuellement que de quelques semaines par an: elle devrait donc atteindre 85 ans en 2030. Ce qui tempère les évolutions de la structure des âges prévues par l'Insee. "Même si la mortalité restait à son niveau actuel, l'effectif des 60 ans et plus augmenterait de 42 % entre 2000 et 2050", note néanmoins l'Insee.