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Niveau de vie des retraités: des progrès mais pas pour tous
Par Cédric Simon, AFP
23 février
2010
France
Le niveau de vie moyen des retraités est bien meilleur qu'il y a trente ans, ce qui n'empêche pas nombre d'entre eux d'avoir du mal à joindre les deux bouts, soulignent les associations, ainsi que les syndicats qui manifestent mercredi pour la défense de leur pouvoir
d'achat.
Selon les derniers chiffres de la Drees (direction des études des ministères sociaux), la retraite moyenne totale (y compris la retraite complémentaire) était de 1.288 euros fin 2004 pour l'ensemble des retraités.
"Depuis le milieu des années 1990, le niveau de vie moyen des retraités est proche de celui des actifs", constate le Conseil d'orientation des retraites (COR), dans un rapport de janvier, même si, pour chaque individu, le départ à la retraite se traduit généralement par une baisse de
revenu.
Si l'on prend en compte les revenus du patrimoine, les placements financiers et immobiliers et les loyers non versés par les retraités propriétaires, leur niveau de vie moyen apparaît même comme légèrement supérieur à celui des actifs.
L'amélioration est sensible par rapport à la situation des années 1970, où selon le COR le niveau de vie moyen des retraités ne représentait que 62% de celui des
actifs.
"Le taux de pauvreté des personnes de 60 ans et plus, après avoir fortement baissé (il dépassait 30% en 1970) se maintient entre 1996 et 2007 aux alentours de 10%, soit un niveau inférieur à celui de l'ensemble de la population", relève aussi le
COR.
La concentration du patrimoine fait cependant qu'il y a de fortes inégalités entre les retraités, au détriment notamment des femmes.
Et les statistiques semblent en contradiction avec l'expérience des associations caritatives qui disent voir de plus en plus de retraités.
"Je ne conteste pas les chiffres officiels, mais ils sont basés sur des moyennes et des données exclusivement monétaires, qui sont réductrices", estime Denis Piard, directeur de l'action sociale de la Croix Rouge.
Il cite une enquête de la Croix Rouge en 2009 dans 40 délégations sur le territoire. Résultat: en dix-huit mois, les personnes âgées sont passées de 3-4% des populations sollicitant une aide, alimentaire ou autre, à 13%.
"Elles semblent de plus en plus fragiles: la mort d'un conjoint ou l'augmentation brutale d'un loyer peut les plonger dans une grande précarité, même si leur retraite les fait figurer au-dessus du seuil de pauvreté", qui est d'environ 900 euros,
explique-t-il.
Les sections "retraités" des grandes confédérations syndicales appellent à manifester mercredi dans les régions, parce que les "retraités constatent une baisse continue de leur pouvoir
d'achat".
Pour Michel Devacht, secrétaire général de la CFDT-retraités, les personnes âgées sont confrontées à des situations particulières, comme le coût de leur santé déclinante ou celui des maisons de retraite "de 1.500 à 3.000 euros" par
mois.
"Quand on part à la retraite, garder sa complémentaire santé d'entreprise peut coûter 300 euros par mois, c'est énorme",
ajoute-t-il.
L'une des revendications des syndicats est de revenir sur la méthode de revalorisation annuelle des pensions liquidées, basée depuis 1993 sur l'inflation et non plus sur l'évolution des
salaires.
Selon une étude de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), "un retraité qui percevait déjà sa pension en 1994 a eu une pension inférieure de 8% en 2003 suite à l'indexation sur les prix, comparativement à une indexation qui aurait été faite selon l'évolution du salaire
moyen".
Pour le COR, les inquiétudes concernent surtout l'avenir, avec "l'arrivée à la retraite des premières générations touchées par le chômage" et les effets des récentes réformes sur le niveau des
retraites.
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